Partager l'article ! Argument moral: Objection refusée ! Avant de développer plus avant mon argument moral, je souhaiterai commencer p ...
Objection refusée !
Avant de développer plus avant mon argument moral, je souhaiterai commencer par désamorcer la première
objection qui bloque généralement le débat végétarien:
« La viande serait physiologiquement indispensable à l’alimentation humaine ».
En réalité, la consommation de viande est absolument facultative pour l’homme au niveau diététique et nutritionnel. Si le végétarisme continue à faire peur, c’est parce que le mythe qui fait de
lui un régime déséquilibré est tenace. Voir Argument de santé.
Notre argument moral est basé sur un refus de la souffrance animale et de la mort d’un être sensible en vue d’une consommation superflue. Les raisons de la consommation de viande
étant principalement la tradition et le goût, ces arguments ne paraissent pas suffisants pour justifier l’atteinte à la vie qu’ils
engendrent.
Consommation de cadavres par l’homme
Ce thème interpelle la réflexion depuis longtemps. Kant nous disait déjà à ce sujet :
« Nous ne devons jamais considérer un être vivant comme un moyen de satisfaire nos désirs ».
En effet, comment accepter que la naissance, la vie et la mort d'un animal ne trouvent de justification que dans les plaisirs gastronomiques ?
Déni collectif
Les propos de Rabîndranâth Tagoren nous ouvrent
le débat. Il affirme : « Nous arrivons à manger de la chair animale, uniquement parce que nous ne pensons pas à la cruauté de cet acte ».
Ceci est d’autant plus vrai dans notre société où la banalisation du meurtre alimentaire est entretenue par un déni tenace de la provenance de la viande. En effet, cette viande que l'on achète au
supermarché se
mble
« propre » : elle est bien découpée, bien emballée et bien présentée…
Le déni est très ancré et en mâchant son steak, personne n’a réellement envie de penser aux étapes de sa « fabrication ». Ainsi, il ne fait
aucun doute que si nous étions obligés de tuer les animaux que nous mangeons, beaucoup d'entre nous renonceraient à la consommation de viande…
Responsable ou victime du système ?
Bien que ce système meurtrier nous dépasse pour beaucoup, il nous faut vraiment prendre conscience qu’en
consommant de la viande, nous sommes responsables du meurtre de l’animal en question, même si ce n’est pas nous qui l’avons abattu. En effet, le boucher, n'est qu'un intermédiaire et son rôle ne
se justifie que dans la mesure où il y a des mangeurs de viande pour entretenir l’existence du système.
Si vous ignorez la réalité de ce système que nous utilisons parfois à notre insu, vous pouvez vous en faire une idée plus précise en regardant des vidéos sur le net présentant ce qui ce
passe dans les abattoirs (Exemple : taper abattoirs ou "slaughter house" sur you tube).

Dis-moi ce que tu manges et je te dirai qui tu es… ?
La philosophie hindoue
propose une approche que je trouve intéressante de développer. Ainsi, elle enseigne : « Nous devenons ce que nous mangeons ».
Sans prendre cette affirmation au pied la lettre, nous pouvons y trouver une part de vérité si l’on considère le fait suivant :
L’abatage provoque chez l’animal un état de panique qui génère
la commande au niveau du cerveau d’une forte poussée d’adrénaline. Cette molécule est libérée dans le sang puis s’infiltre dans les tissus nerveux. La viande contient ainsi en quantité cette
hormone « de peur », que nous ingérons lors de la consommation de chair animale.
Il se trouve malheureusement que la « tendresse » de la viande serait liée à cette montée d’adrénaline. Ainsi, il est
désespérément courant que l’agonie de l’animal soit volontairement prolongée afin de rendre sa chair plus savoureuse.
Souffrir pour mourir, souffrir pour
vivre…
Dans nos sociétés actuelles, la souffrance animale ne se limite malheureusement plus seulement à l’agonie des abattoirs mais s’étend maintenant sur toute la durée de vie de l’animal. En effet,
les bétails ne sont plus élevés dans de « verts pâturages » et l’opinion publique commence à prendre conscience des terribles conditions de vie dans lesquelles les animaux d’élevage
naissent, (sur)vivent et meurt. Nous pouvons citer à titre d’exemple les bovins, qui sont enchainés
à vie dans des boxes exigus maintenus dans l’obscurité où il leur est impossible de se retourner ou de se coucher, la tête prise dans un carcan, d'où
ils ne sortiront que pour être menés à l'abattoir, sans jamais avoir vu la lumière du jour.
Un gâchis tragique
Drame supplémentaire, nous savons que notre société extermine plus d’animaux qu’elle n’en a besoin pour se nourrir. Ainsi, on jette des masses d'animaux
en surproduction afin de faire remonter les cours. L’animal n’est même plus tué pour une supposée subsistance mais pour répondre à la logique de marché dont il est devenu une pure
marchandise...Le végétarisme est un moyen de protester contre cette situation dramatique.
Logique spéciste prédominante
Notre société fonctionne sur la base d’une logique spéciste basée sur une discrimination arbitraire fondée sur l'espèce. Ainsi nous reconnaissons le droit aux être humains de se soustraire à la violence et la
souffrance, mais nous nions ce même droit pour les autres êtres vivant, dont le système nociceptif (perception de la douleur) est tout aussi développé que le notre. Cette inégalité peut nous
rappeler l’époque où une discrimination fondée sur la race à amené l’homme à annihiler les droits d’une partie de l’humanité.
Bonne conscience européenne
Cet argument spéciste est aussi intéressant en regard de l’attitude de certaines personnes qui s’horrifient de la
consommation de chien en Asie ou de phoques en Alaska alors qu’ils consomment eux-mêmes de la viande bovine en Europe...
L’idée sous-tendant ce raisonnement est cette même conception spéciste selon laquelle certaines espèces seraient « dignes » d’échapper à la souffrance et d’autre non. Mais si les chiens
font parti de nos animaux domestiques favoris, n’oublions pas par exemple que la vache est un animal sacré en Asie. Sachant cela, il serait préfèrable d'essayer d'élever nos propres
pratiques alimentaires avant de porter des jugements.
Et nous dans tout ça ?
La généralisation de ces
pratiques que l’on ne peut pourtant pas qualifier d’inhumaine, puisque l’homme est le seul être vivant à avoir orchestré l’extermination massive et organisé d’autre espèces, devrait nous amener a
développer un débat public autour des possibles répercussions de ces pratiques au niveau des mœurs. En effet, il est probable qu’une société où ce genre de violence est banalisée véhicule même
involontairement un certains nombres de valeurs brutales susceptible d’influencer les mœurs.
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